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Des (bonnes) nouvelles !

nonew

    Voilà un petit moment que je n’avais pas posté sur ce blog. Contrairement à ce que le titre de ce billet suggère, non, je vais pas annoncer de bonnes nouvelles, mais vous distiller quelques infos.

    La première, et non des moindres, concerne une première publication. Eh oui ! Je ne peux encore rien dire tant que ce n’est pas officiellement officiel, mais vous en saurez plus bientôt, certainement. Il y a quand même des favorisés dans l’assistance car mon ChériChou et mes lecteurs de CoCyclics sauront de quoi je parle. Un peu de patience, les autres, c’est pour la bonne cause !
nonew    Deuxième, là encore je ne dis rien, je croise juste tous mes doigts de mains et de pieds. Après un envoi, tous les auteurs le savent, il y a toujours une terrible période d’attente (je vous conseille l’excellent article d’Earane sur le sujet), au cours de laquelle il vaut mieux faire autre chose pour s’aérer l’esprit. Genre, écrire une nouvelle ou passer doucement à un nouveau projet, ce qui permet d’éviter le coup du zieutage obsessionnel de boîte mail. Je suis passée au stade au-dessus, c’est-à-dire que non seulement j’attends, mais aussi que je vide la batterie de mon téléphone pour rafraîchir ladite boîte mail, sans parvenir à me raisonner. Je ne peux rien dire de plus, si ce n’est que mes chances d’être publiée – proches de zéro quelques semaines auparavant – ont pris des points en plus au cours de la dernière semaine. Alors croisez les doigts pour moi, faites brûler les cierges, priez Thot, enfin, ce que vous voulez, mais souhaitez-moi au moins merde ! Les concernés ? L’Opération M, c’est-à-dire Glasdiel, et l’Opération Brume. Allez, on respire, on ignore l’appel de la boîte mail, et on fait autre chose. Il faut !
    (Si mes collègues auteur ont un truc pour éviter la mort par arrêt cardiaque en période d’attente hyper stressante, je suis preneuse… Enfin, oui, je sais : « Lance-toi dans un autre projet ! » Pinaise que c’est dur !)

    Et donc, à part ça ? Comme je le disais plus haut, il faut absolument trouver un nouveau projet avant de virer dingue. J’avais envisagé de finir l’Opération Fée-Furieuse, ou d’entamer (enfin) l’Opération Furie à Vapeur ou l’Opération Citrouille… Et hier soir, révélation choc : et pourquoi pas un autre projet, l’Opération Sans-Nom-Pour-l’Instant ? Je meurs ! Comment vais-je faire pour trouver le temps d’écrire tout ça ? Parce qu’en plus y’a une autre idée qui germe, un truc de steam’, mais je n’ai pas assez de temps pour tout écrire. Fichtre !
    (Remarquez, au moins, y’a de quoi éviter l’appel de la boîte mail pour un moment…)

    Bon, je retourne rafraîchir ma boîte mail…

Premiers envois

coquille

    Glasdiel terminé, le synopsis rédigé, la lettre de présentation achevée… Il ne restait donc plus qu’à envoyer le bébé. J’ai donc ouvert ma liste d’éditeurs préférés et ai pris les trois premiers, ceux qui, soucieux de mon porte-monnaie ( ou de l’organisation de leur bureau ), ont la gentillesse d’accepter l’envoi par courriel.
    Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais j’ai ressenti une profonde angoisse lors de ces trois envois. Mon roman est pourtant prêt, mon synopsis me convient et ma lettre de présentation tout autant, et pourtant ! Je me suis posé beaucoup de questions avant de cliquer sur envoyer. La présentation était-elle correcte ? N’avais-je pas oublié quelque chose, un résumé, un document, une précision quelconque ? Il m’a fallu me faire violence pour réusssir à cliquer sur ce fameux bouton, comme si je craignais… quoi, au juste ? Qu’on m’envoie un mail incendiaire pour n’avoir pas respecté une consigne ? Peut-être, plus prosaïquement, que mon cher roman ne finisse dans la corbeille.

    Enfin, il est parti, et je patiente encore quelques jours avant de préparer les envois papiers pour les maisons d’édition qui veulent les manuscrits sous ce format. Quelques cases de mon tableau sont remplies – date d’envoi, date de confirmation. C’est assez étrange. Je sais que je n’aurai pas de réponses avant plusieurs mois, mais je ne peux pas m’empêcher de penser à mon texte. Où est-il ? Quel accueil lui a-t-on réservé ? Je l’imagine comme une coquille de noix, ballotée par les flots. La barcasse survivra-t-elle aux tempêtes, atteindra-t-elle le bon rivage ? Le petit capitaine – Morglin ? – saura-t-il la conduire à bon port ? Sera-t-elle, au contraire, engloutie par le maeström C’est-Trop-Mauvais-Pour-Être-Publié ?
    Voilà, et l’attente ne fait que commencer ! En attendant, je me plonge dans Cardiel ( et dans l’Opération Fé Furieuse, parce qu’il ne me reste que 20.000 mots à écrire, flûte de zut ! ). Sous le bureau, je croise les doigts de pied pour que le cap’ Morglin conduise bien sa barque…

La peur de terminer

    Je m’en suis rendue compte hier. Je calculais, fière de mon avancée, le temps qu’il me restait avant de voir le bout de mon roman. Trois petits calculs plus tard, le verdict tombe : 7 jours. Une semaine. Le même jour, la semaine prochaine.

city hunter corbeau

    Savez-vous quelle a été la première émotion que j’ai ressentie, lorsque j’en suis arrivée à cette conclusion ? La peur. La peur, oui, mais pas la petite angoisse, le frisson rigolo. La peur, celle qui fait claquer des mâchoires et trembler des genoux. Avez-vous déjà ressenti ça ? À l’aune de terminer votre œuvre, avez-vous déjà éprouvé ce blanc, ce trou noir, à l’idée que « c’est bientôt la fin » ?
    C’est très étrange de ressentir ça, alors que justement, ce n’est pas la fin : je ne vais terminer que le tome 1 de l’Opération M, il en reste encore au moins deux. Pourquoi tant d’angoisse, à l’idée d’en avoir fini ?

    Je crois – et c’est là la réponse à la grande question de ma vie (« Pourquoi je n’arrive pas à terminer mes romaaaaaaaans ? ») – que l’idée de finir renvoie à celle de me relire, me corriger et, surtout, d’être lue. Paradoxal, pour un écrivain ! Pas tant que ça, en réalité. Quand on écrit, on se met à nu. On couche sur le papier des choses que notre mère, notre mari ou nos enfants n’imagineraient même pas. Et quand on termine, quand on leur annonce qu’enfin, la boucle est bouclée, leur réaction est immédiate : ils veulent lire, donner leur avis, critiquer. Et là, on angoisse. Et s’ils n’aimaient pas ? Et si je les choquais ? Et s’ils trouvaient ça médiocre, nul, dégoûtant, etc… ?

    Je crois qu’il s’agit sans doute de la raison pour laquelle je ne parviens jamais jusqu’à la fin. Cette peur – qui se manifeste pour la première fois parce que j’ai un public qui attend la fin – m’empêche de mettre le point final. Comme ça, je peux dire que je suis un écrivain, mais qui ne parvient pas à finir ses œuvres. Comme ça, pas besoin de s’exposer au jugement des autres. Triste, et compréhensible en même temps.
    Cette fois, malgré la peur, j’irai jusqu’au bout. Pas question de me laisser aller. Il n’y aura pas de voie de garage, pas d’échappatoire. Je mettrai le point final. Du moins, le premier point final.